
Introduction :
Le 30 novembre 2022, le lancement de Chat GPT fut un tournant de l’histoire : un outil était désormais capable de nous remplacer, d’anéantir la richesse de notre subjectivité.
Les IA génératives sont l’aboutissement de deux mouvements concomitants :
- l’utilitarisme qui, depuis le XVIIIe siècle, propose de faire des choix visant à maximiser l’intérêt du plus grand nombre,
- la déprise de nous-même, c’est-à-dire le renoncement du plus grand nombre à jouir de ses facultés.
L’artisan trouvait du sens à son travail en créant des objets en exerçant ses talents. La Révolution industrielle fit de lui un ouvrier réduit à répéter mécaniquement les mêmes gestes. Il avait troqué son savoir faire contre un accès plus facile aux marchandises. Le mouvement s’est accéléré et ne semble pas devoir s’arrêter. Les années 1980 furent marquées par le triptyque profit, accumulation, individualisme, les années 1990 par l’avènement d’Internet, les années 2010 par la généralisation des smartphones et l’économie de la donnée. L’apparition des IA génératives changent de méthode : elles n’ont pas recours à des raisonnements logiques ni à des calculs pour prévoir l’évolution d’un phénomène ; elles produisent un nouveau texte à partir de l’analyse statistique de tous les textes écrits dans le passé. Ainsi l’ayant existé a force de loi.
Si nous souscrivons à l’hégémonie des IA génératives nous perdrons notre âme, ce qui meut notre corps et dont le bon usage est source d’épanouissement, mais aussi les valeurs qui nous conduisent à servir le bien commun. Pour que nous n’ayons pas à regretter amèrement notre irresponsabilité, cet ouvrage est un guide de résistance à l’effondrement anthropologique qui s’annonce, pour nous ériger en gardien de notre âme.
I – Le thanatologos
1 – Un anti-langage – Alors que, sous l’impulsion de philosophes comme Michel Foucault, s’est engagé un combat acharné contre les normes qui innervent la société et conduisent à des rapports de domination, apparaissent dans l’indifférence générale d’énormes fabriques de normes : les IA génératives.
La richesse de notre langage réside dans l’association de mots choisis dans l’instant. Créer c’est choisir disait Paul Valéry. Lorsque nous écrivons ou que nous parlons, ce que nous exprimerons la minute suivante n’est connu de personne, pas même de nous. Notre rapport au langage est indéterministe. À l’opposé, celui des IA génératives est probabiliste. Après s’être approprié l’ensemble des textes disponibles sur Internet, elles mettent bout à bout les mots qui ont la plus forte probabilité de s’associer dans un contexte donné pour produire un discours lisse, séduisant, conformiste, capable d’endormir nos consciences au service du capitalisme marchand.
2 – Le capitalisme linguistique : une gouvernementalité par le verbe – Depuis les années 2010 plusieurs inventions sont entrées dans nos vie : les réseaux sociaux examinent nos comportements et nous proposent des contenus visant à répondre à nos attentes ; les enceintes connectées obéissent à des ordres simples et nous proposent produits et services ; enfin, les agents conversationnels utilisant l’IA s’expriment dans une langue familière et nous proposent d’intervenir dans chaque aspect de notre vie. Jusqu’alors, le langage était le véhicule de notre liberté créative et celui de la loi. Ce second aspect est devenu prééminent avec les assistants conversationnels qui nous dictent insidieusement notre conduite, avec notre assentiment. Cette successions d’innovations, bientôt complétée par les implants cérébraux, montre l’urgence de reprendre le contrôle de nos vies si nous ne voulons pas que le capitalisme s’introduise et agisse en nous.
Cette adaptation de la machine à l’homme conduit certaines personnes à remplacer les relations humaines et amoureuses par les échanges avec des assistants conversationnels. Ces victimes perdent toute confiance en elles et se coupent de tout contact humain qu’elles considèrent comme décevant en comparaison du discours empathique et bienveillant élaboré sur mesure par l’IA. Sous des dehors sécurisants et empathiques, le capitalisme linguistique est ainsi en train de faire s’effondrer la société des individus.
3 – L’oubli – criminel – les trois piliers de l’éducation – Lorsque Chat GPT est arrivé, il aurait fallu penser aux trois piliers de l’éducation des enfants : le savoir, le professeur, l’élève, penser à la tâche sacrée qui incombe aux adultes : léguer aux jeunes les acquis de l’humanité pour qu’ils la poursuivent armés de leur créativité singulière.
Alors que depuis les années 1950, l’école n’était déjà plus consacrée à la transmission du savoir mais à l’apprentissage d’un métier, à la fin du XXe siècle, Internet est devenu le quatrième pilier de l’éducation. Les élèves ont commencé à contredire les professeurs en leur opposant des informations trouvées sur la toile. Fascinée par la technologie, oubliant son devoir de développer l’esprit critique des élèves, l’Éducation Nationale valida l’usage d’Internet et d’applications d’enseignement, reléguant les professeurs au rang de coach de plateformes. La vitesse au prix de l’effondrement du niveau des élèves, de l’organisation des connaissances et de la pensée.
Apparurent alors les IA génératives qui détruisirent le système éducatif. Des professeurs découragés enseignent à des élèves qui ne voient plus d’intérêt d’apprendre et corrigent des devoirs issus d’algorithmes. Malgré tout, des responsables de l’Education Nationale projettent d’intégrer ces IA à l’enseignement, sans comprendre qu’elles produisent du langage, activité qui devrait être le privilège des humains.
La société pourrait bientôt être peuplée d’individus tyrans, exigeant la satisfaction de leurs désirs dans l’instant et n’accordant plus leur confiance à l’autre devenu inutile, mais obéissant à des oracles omniscients.
II – Un monde de chimères
1 – l’image sans contact – L’organisation humaine de plus en plus hors sol, faite de transferts d’informations et de modélisations, touche désormais un domaine qui semblait à l’abri : l’image, définie comme le fruit de la rencontre d’une intention avec le réel. Or, les pseudo-images générées par l’IA sont des objets numériques produites sans intention ni lien avec le réel. Elles résultent d’un prompt suivi de prélèvements d’éléments d’images suivant des méthodes statistiques pour répondre au mieux à la demande. Le logos règne en maître.
En ne témoignant plus du réel, ces pseudo-images, inonderont bientôt Internet, contribuant au déracinement toujours plus grand de la société. Leur génération sur commande conduira les individus au repli sur soi à l’isolement et non plus au partage, au commentaire, à la découverte.
2 – L’ère de l’indistinction généralisée – La concomitance des revendications sociales et de technologies permettant de créer des informations invérifiables invitera chaque groupe, chaque individu, à créer des images répondant à ses besoins, à ses opinions, à ses délires, à ses notions de beau et de vrai, générant un univers fantasmatique de méfiance généralisée, de défiance et de rage. La culture et la connaissance portées par l’image sera anéantie, remplacée par des créations destinées à notre moi et fermées à l’autre.
3 – La (nouvelle) crise de la culture – Depuis le milieu du XIXe siècle, la culture, définie comme l’échange entre l’aspiration de l’artiste à exprimer sa singularité dans ses œuvres et l’amateur éprouvant une élévation d’âme à leur contact, a peu à peu laissé place au loisir. Ainsi sont apparus l’opérette, opéra à l’eau de rose agrémenté de strass, les feuilletons des journaux, destinés à fidéliser le lecteur, le cinéma populaire et sensationnel, la télévision et ses émissions de divertissement, les expositions d’où l’on ressort avec une assiette ou un T-shirt. Pour le plus grand bien du capitalisme s’est développée la culture de masse, dont nous occupons la place centrale à la place de l’artiste.
L’occupation de cette place centrale par le public s’est renforcée depuis les années 1950. Alors que s’épanouissait la culture de masse, la grande culture reçut de ses financeurs, l’État et les mécènes, l’injonction d’être accessible au grand public et, par conséquent, de limiter sa créativité. Puis, dans les années 2000, tout devint disponible sur Internet. Terminée la découverte esthétique fortuite exigeant un effort, disparue la magie du rapport direct avec les œuvres, reléguées au rang d’objets du quotidien. Depuis les années 2010, il est possible de faire des selfies devant des chef-d’œuvres pour enrichir son capital symbolique. Des plateformes de streaming proposent aux spectateurs des programmes choisis par une IA pour leur ressemblance avec ceux qu’ils ont déjà aimés. Bientôt, l’IA fabriquera des œuvres musicales, graphiques, littéraires…correspondant aux goûts de chacun. Dans un mouvement contraire à l’esprit des Lumières, l’ouverture à l’expression de l’autre laisse place au repli.
Le discours présentant l’IA comme un nouvel outil menace la créativité car il ignore que par sa nature spécifique, elle fabrique des œuvres à notre place et promet l’isolement, la disparition des artistes et le doute systématique sur l’origine humaine des œuvres.
III – Vers l’automatisation intégrale du travail. Un crime contre l’homo faber
1 – Novlangue managériale et avènement d’un capitalisme a-somatique – Les effets à attendre de l’IA sur le monde du travail sont étudiés par des société privées convaincues de son caractère bénéfique et de la validité de la théorie de la destruction créatrice de Schumpeter. Mais cette théorie est ici inopérante : les emplois que créera l’IA sont infiniment moins nombreux que ceux qu’elle détruira.
Pour accompagner la montée en puissance de l’IA légitimée par ces études, un jargon managérial est apparu : il faut désormais oeuvrer à la transformation digitale des entreprises ou remettre l’humain au centre. Le lexique s’est enrichi dans les années 2010. Depuis l’apparition de systèmes informatiques de contrôle et de traçage des employés, on parle de complémentarité homme/machine, de montée en compétence, ou de libérer du temps pour les tâches plus riches. Il s’agit en réalité de masquer un management implacable visant des gains de productivité gigantesques mais aussi de faire accepter l’idée d’un travail affranchi des imperfections humaines et l’émergence d’un capitalisme a-somatique, c’est à dire délivré de nos corps et de nos esprits.
2 – L’homme s’efface, comme à la limite de la mer un visage de sable – Dans les années 1970, nous avons refusé de voir les dangers de la société de consommation sur l’environnement. Aujourd’hui, nous faisons la même erreur avec les menaces de l’IA sur la société. Les géants du secteur comme Open AI travaillent sur des projets de super-assistants destinés à rendre inutiles les compétences avancées dans un domaine, menaçant ainsi tant de professions : les secrétaires, les conseillers bancaires, les agents de voyage, les médecins généralistes, les avocats… jusqu’aux informaticiens eux-mêmes, au profit de systèmes en tout point plus performants. Mais l’automatisation frappera aussi la création artistique. Plus d’architectes, de scénaristes, de traducteurs de livres… remplacés par une industrie conçue optimiser les gains et éradiquer la faillibilité humaine avec l’assentiment des politiques et dans une apathie généralisée. Pour que tout se passe dans le calme, un revenu universel sera peut-être alloué aux nouveaux inutiles, avant que l’homme ne s’efface progressivement.
3 – Le Je et le Tu ou la société comme liens d’interdépendance – Nos sociétés sont sous-tendues par des lois et des règles valant pour tous, une langue et l’existence de référents partagés constituant le fond de chaque culture. Depuis cinquante ans, ces éléments structurants sont abimés par le néolibéralisme, qui donne la primauté à l’économie sur le politique, et par des techniques de management implacables qui considèrent les individus comme des entités interchangeables. Le citoyen d’aujourd’hui se replie sur lui-même dans une boulimie de consommation. Dans les années 2000, le vain espoir d’occuper un espace virtuel, nouvel univers à conquérir, a amplifié le phénomène et nous a fait oublier que la société est avant tout une conséquence de notre incomplétude qui nous rend dépendant les uns des autres, parents, médecins, agriculteurs, plombiers… Pour notre sécurité et notre confort, autrui nous est indispensable.
L’industrialisation a mis un vide de plus en plus grand entre le je et le tu. Les hommes ont travaillé côte à côte sans se parler avant d’être accaparés par l’écran d’un ordinateur. Sans une prise de conscience collective, le double mouvement d’automatisation et d’isolement des êtres humains se poursuivra jusqu’à ce que les échanges entre individus aient complètement disparu et qu’autrui soit devenu inutile.
IV – L’Anhumanité
1 – TechAnhumaine et condition anti-antropoligique – Des études ont confirmé l’évidence : les tâches que l’IA réalise à notre place réduisent nos capacités et atrophient les zones correspondantes de notre cerveau, notamment que l’hippocampe des chauffeurs de taxis londoniens qui utilisent un GPS avait fondu.
La diminution de nos aptitudes a commencé en 2007, avec l’iPhone et ses applications. Depuis, notre génie crée des systèmes destinés à l’éliminer. À ce titre, la technologie numérique peut être qualifiée de TechAnhumaine. Avant 2030, nous disposerons d’objets tels que des lunettes connectées qui collecteront toutes les informations nécessaires à la prise de décisions, nous déchargeant de toute réflexion pour élaborer des prédictions. Notre activité intérieure aura disparu avec le bonheur d’en faire usage pour atteindre un but. Cet état végétatif qui nous est promis, sans désir inassouvi, risque de sonner la fin de l’humanité.
2 – Le pouvoir total – Plusieurs faits récents méritent attention. En 2024, le livre du philosophe hongkongais Jianwei Xun intitulé Hypnocratie, malgré un contenu abscons et dénué de sens, reçut des critiques élogieuses lors de sa publication, avant que la supercherie ne fût révélée : l’ouvrage avait été écrit par une IA, sur l’initiative de deux philosophes italiens. À peu près au même moment Geoffrey Hinton, un acteur majeur de la tech affirma être favorable au remplacement de l’humanité par une super-intelligence objectivement meilleure en termes de conscience. Loin d’un soulèvement des machines, l’humanité se résout à sa soumission et accepte que des objets technologiques infiltrent la société et parviennent au POUVOIR TOTAL, frappant de caducité la curiosité, la lecture, la politique, les études, les recherches qui servent de base aux décisions.
3 – Les temps de la bêtise générale – La génération née avec les smartphones et dont le niveau scolaire s’effondre est-elle plus bête que les précédentes ? La bêtise se caractérise par le fait de considérer avec suffisance, que le réel est conforme à la représentation qu’on s’en fait, sans recul ni ouverture d’esprit. Aujourd’hui cette bêtise se diffuse à travers le monde en proposant à nos questions des réponses qui nous dispensent de toute réflexion. Elle atrophie nos facultés, mais construit aussi un univers psychique fait de clics et de notifications, dans lequel les certitudes sont inébranlables. Ces réponses prennent souvent la forme de courtes vidéos dont le caractère impactant et disruptif assure le succès auprès des jeunes. Le dogmatisme ainsi fabriqué porte principalement sur la faillite des responsables politiques, les excès d’une économie aveugle, les revendications identitaires et égalitaires, les préoccupations écologiques et l’idéologie islamique.
Les affrontements idéologiques des années 1960 et 1970 ne concernaient qu’une petite marge militante. Le conformisme intellectuel est aujourd’hui porté par des réseaux qui touchent toute la société et entraîne les jeunes dans des comportements moutonniers basés sur la suffisance absolue de leurs positions.
Les IA génératives accélèreront le mouvement. Elles morcelleront la société en groupes liés par les mêmes certitudes qui imposeront par la violence leur vérité dans une guerre de la bêtise tous contre celle de tous.
V – Dénoncer la fabrique des représentations
1 – Le fondamentalisme de l’IA et ses cinq piliers – Rien ne semble pouvoir arrêter les patrons de la tech qui sont devenus les nouveaux rois thaumaturges. Nous sommes entrés dans l’époque du fondamentalisme de l’IA qui repose sur les cinq piliers suivants :
- la fascination des politiques qui voient dans l’IA une solution pour changer les choses alors que les leviers dont ils disposent sont inopérants. Ils ont décidé de participer à une compétition dont l’enjeu est la domination mondiale, sans l’assentiment de leurs concitoyens,
- le monde de l’intérieur constitué des ingénieurs qui développent l’IA refusant, plus ou moins consciemment de s’interroger sur les conséquences de leur travail et sur leur responsabilité,
- les économistes de haut niveau qui forgent et diffusent le dogme de la nécessité d’orienter l’économie vers les IA génératives et dont les déclarations sont suivies à la lettre par les politiques,
- les organismes et commissions, comptant parmi leurs membres des responsables de sociétés de la tech, qui prétendent travailler à rendre éthiques l’IA et ses applications,
- la presse qui ouvre grand ses colonnes aux principaux acteurs de l’IA, relayant ainsi leur doxa et leur enthousiasme, sans faire à la critique la place qu’elle devrait avoir.
Ces cinq piliers permettent au nouveau fondamentalisme de se répandre à grande vitesse et à ses tenants, d’imposer leur vision et d’ordonner à la société de s’adapter sans rencontrer d’opposition sérieuse.
2 – La grande illusion de la régulation – L’idée qu’il serait possible de réglementer l’IA et en particulier les IA génératives est une illusion pour trois principales raisons :
- il est illusoire de croire pouvoir réglementer l’IA dans chacun des innombrables domaines où elle s’insinue,
- les politiques et leurs collaborateurs ignorent les détails du sujet et sont soumis aux pressions des lobbies,
- la raison la plus importante est la non-prise en compte de la portée civilisationnelle de l’IA, de ses conséquences sur la perte de nos facultés et sur la mise en péril des métiers intellectuels et créatifs.
Les législations sont ainsi facilement contournables avec l’assentiment des autorités focalisées sur la croissance. Pour être crédibles et efficaces elles devraient s’opposer à tout ce qui contrevient à nos principes cardinaux de liberté, de dignité, de créativité et de sociabilité. Pour cela, c’est à nous de nous mobiliser.
3 – Un contre sommet à Paris – Le 10 février 2025, alors que se tenait au Grand Palais le Sommet pour l’action sur l’IA, Eric Sadin organisa un contre sommet, tout près, au théâtre de la Concorde. Dans une salle pleine à craquer, les orateurs abordèrent les dangers de l’IA pour l’environnement, l’éducation, le monde du travail, la culture. Les participants exprimèrent un très fort attachement aux compétences, aux savoirs faire, au désir de les exercer et leur colère envers ceux qui avaient pour projet de les en priver. Preuve était faite que les changements en cours s’opèrent en désaccord avec une grande partie de la population.
CONCLUSION – Notre conscience en actes – Ceux qui refusent les bouleversements radicaux promis par l’IA ne disposent pas d’une organisation structurée. La plupart d’entre eux doivent s’acquitter d’un travail et de tâches quotidiennes incompatibles avec un militantisme actif. Voici à leur usage quelques propositions :
Propositions relatives aux exigences à faire valoir :
- refuser toute innovation susceptible de mettre en péril l’expression des qualités de chaque individu qui font de lui quelqu’un de singulier,
- refuser toute injonction de s’adapter à une technologie impliquant un changement brutal dans sa conduite,
- considérer inaliénable le savoir-faire qui permet à une personne de vivre dignement de son travail,
- défendre les liens d’interdépendance qui permettent l’existence de la société,
- ne plus laisser les patrons de la tech exprimer leur vision intéressée sur le monde de demain mais laisser la parole et la décision à ceux qui sont susceptibles de subir les conséquences de leurs innovations,
- supprimer les aides publiques aux entreprises refusant le respect des exigences précitées,
- demander aux artistes de ne plus vendre leur travail à des IA s’engager à ne pas y avoir recours.
Propositions relatives aux actions à engager pour défendre ces exigences :
- se structurer en collectif pour disposer d’une force de résistance suffisante,
- établir des chartes par corporation fixant les limites d’un recours à l’IA,
- refuser d’agir à l’encontre des exigences précitées et considérer l’indifférence comme un mal haïssable,
- faire grève et saisir la justice systématiquement lorsque les exigences posées ne sont pas respectées,
- créer de la jurisprudence par des actions en justice pour combler les vides juridiques.
C’est en défendant nos valeurs et en agissant tant qu’il est encore temps, que nous pourrons conserver notre humanité et la vie que nous aimons.
