Voyages d’un philosophe aux pays des libertés de Gaspard Kœnig – 2018

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Gaspard Kœnig est un des rares philosophes libertariens français. Ce courant de pensée implanté principalement aux Etats-Unis se fonde sur le fait que chacun est propriétaire de son propre corps et invite à exercer pleinement sa liberté et sa responsabilité. Gaspard kœnig nous fait découvrir sa visions du libertarianisme dont la clé de voûte est un revenu universel permettant une vie décente.

Introduction – Voyage d’un spectateur impartial – De la Révolution Française à la fin de la seconde guerre mondiale, les idées libérales ont occupé le devant de la scène politique, précédant l’opposition entre gauche et droite. Le marché était alors considéré comme la matérialisation de la volonté autonome d’échanger des biens. Mais depuis, notamment du fait du discours brutal de certains de ses défenseurs, le libéralisme a progressivement été rejeté avant d’être tenu pour responsable de tous les maux actuels de notre société.

Voyages d’un philosophe aux pays des libertés rassemble des réflexions sur la façon dont la liberté s’organise et se vit ailleurs qu’en France, à partir de constats réalisés à différents endroits de la planète. L’objectif est à chaque fois, au delà des préjugés, de confronter l’expérience et la théorie.

Il paraît nécessaire de souligner que ces voyages ont été rendus possibles grâce à des outils aujourd’hui décriés tels que Uber qui permet de se déplacer de façon sûre partout dans le monde ainsi qu’à Google et au globish qui permettent à des gens de langue différente de communiquer.

Gaspard Kœnig nous emmène :

1. à Lima où l’apparition du microcrédit a redonné espoir et dignité à des habitants des bidonvilles en leur ouvrant les portes du capitalisme jusqu’ici réservé à l’élite,

2. au Kerala, un état de l’Inde ou la tolérance religieuse va de pair avec une acceptation totale, dans l’espace publique comme à l’école, des coutumes et des signes d’appartenance communautaires,

3. à Genève, au siège de l’Organisation Mondiale du Commerce, où des hommes cravatés et austères travaillent dans l’ombre mais avec acharnement à améliorer la vie des plus pauvres grâce au libre échange,

4. au Colorado où la légalisation du cannabis a mis fin à une hypocrisie de plusieurs décennies et apporte à l’Etat des moyens financiers utilisés pour la prévention,

5. au Brésil où des expériences de distribution d’un revenu universel a permis à ceux qui en bénéficient de parler au futur et d’avoir des projets, d’exercer en somme de façon pratique une liberté qui n’était qu’un mot,

6. en Finlande où des prisons ouvertes permettent de faire baisser le taux de récidive en n’isolant pas complètement les condamnés de la société dans laquelle ils devront un jour se réinsérer.

Conclusion – le droit à l’errance. A l’issue de ces voyages, il apparaît que l’organisation d’une société faite d’hommes et de femmes libres et responsables, organisant leur vie selon leurs aspirations, passe par la séparation de la loi de la morale. L’Etat doit ainsi avoir pour mission de faire vivre les individus sur un même territoire, pas d’entrer dans leur sphère privée. En particulier, il doit rester neutre sur la question religieuse, et ne pas imposer un athéisme fût-il tolérant, ne pas interdire la consommation des drogues ne provoquant pas d’addiction irréversible synonyme d’esclavage, laisser vivre en son sein plusieurs nations, protéger ses citoyens par un système judiciaire excluant la punition morale et la vengeance, promouvoir l’accès au capital pour qu’il ne soit plus réserver à une élite que chacun puisse en tirer profit.

Un revenu universel permettant une existence décente constitue la condition nécessaire à cette séparation entre la loi et la morale. Assuré de sa subsistance, chacun choisira sa vie suivant sa propre morale sans avoir besoin de la protection de la société. Par exemple, la prostitution ne sera plus imposée par la misère mais le résultat d’un choix personnel qu’il n’y aura plus lieu d’interdire.

L’avènement d’un tel système n’est pas pour tout de suite. En effet, la majorité des citoyens évoluent dans une organisation politique qui leur convient. Ils ne pensent pas devoir séjourner en prison et n’éprouvent pas le besoin de bénéficier d’un revenu universel, de fumer des joints, ni d’accéder au microcrédit.

Cette approche libertarienne donne à l’Etat un rôle majeur : organiser la liberté afin que chacun fasse ses choix de façon éclairée. L’Etat ne s’oppose plus à la liberté mais la sert.

A l’opposé des tentatives d’organisation du bonheur collectif, la liberté doit se traduire par un droit à l’errance c’est à dire la possibilité pour chacun de rechercher son propre chemin vers le bonheur en fonction de sa propre morale et de sa propre sensibilité. Il ne s’agit pas de poursuivre une utopie collective mais que chacun trouve sa voie vers le bonheur.

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