Homo deus, une brève histoire de l’avenir – Yuval Noah Harari

Yuval Noah Harari

Après s’être intéressé à l’histoire de notre passé, Yuval Noah Harari regarde vers l’avenir, avec prudence et honnêteté. Il ne prétend énoncer des prophéties mais exprimer des possibilités. Comme toutes les prévisions, le fait de les exprimer peut modifier leurs modalités de réalisation ou les empêcher d’advenir. Notre avenir nous appartient, il ne tient qu’à nous qu’il soit ou ne soit pas ce qui suit.

 

 

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Homo deus – Yuval Noah Harari

1. Le nouvel ordre du jour humain – A l’aube du troisième millénaire, l’humanité a maitrisé les fléaux qui avaient constitué jusqu’au XXe siècle ses principales préoccupations : la famine, les épidémies et la guerre ;

  • disparues les famines emportant 10 à 15 % de la population d’un pays. L’aide internationale limite désormais les effets des catastrophes alimentaires et l’obésité fait plus de ravages que la malnutrition,
  • disparues les épidémies fauchant des millions de personnes, comme la grippe espagnole qui fit entre 50 et 100 millions de victimes en 1918, après une guerre qui en avait fait 40 millions. L’hygiène, la vaccination et les progrès de la médecine permettent de traiter de nombreuses maladies et de limiter l’avancée de celles qui restent encore incurables comme le Sida ou Ebola,
  • disparus les risques de grands conflits. L’arme atomique dont l’emploi serait suicidaire ainsi que la dématérialisation de la richesse ont rendu inconcevables les guerres armées entre la plupart des pays.

Il ne s’agit pas là de nier les souffrances des victimes actuelles de la faim, des épidémies et de la guerre mais de montrer que les efforts entrepris au XXe siècle pour faire reculer ces fléaux, jadis considérés comme inéluctables, ont porté leurs fruits et que leur disparition complète ne dépend que de décisions politiques.

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Il est peu probable que l’humanité se satisfasse de ces bons résultats. Les trois siècles de culture humaniste qui ont rendu la vie humaine sacrée ainsi que le progrès scientifique laissent entrevoir de nouveaux objectifs.

Le premier est l’immortalité. Le progrès scientifique a modifié notre regard sur la mort. Jadis considérée comme une décision divine chargée de sens, elle n’est plus aujourd’hui que la conséquence de problèmes techniques : prolifération de cellules mutantes, artère bouchée par la graisse… De nombreux ingénieurs, scientifiques et financiers, tels que les créateurs de Google, ont engagé des programmes de recherches destinés à apporter des réponses techniques aux causes des maladies et du vieillissement. Les attentes sont immenses : certains pensent que l’espérance de vie atteindra 150 ans dès 2050, d’autres, plus optimistes encore, qu’ils ne mourront pas avant l’âge de 500 ans. Mais rien ne garantit qu’ils verront se réaliser leur rêve. Jusqu’à présent, la médecine a permis d’éviter des morts prématurées et de vivre aussi longtemps que la biologie humaine le permettait. Augmenter cette durée est une autre affaire.

Le deuxième objectif à l’ordre du jour est l’accès au bonheur. Il est étonnant de constater que l’amélioration spectaculaire du confort de vie depuis un siècle dans les pays développés n’a pas augmenté de façon significative le niveau de bonheur de leurs habitants. Le taux de suicide y est même en hausse. De toute évidence, le bonheur ne dépend pas du PIB. Sur le plan psychologique, il est fonction de la satisfaction des attentes de l’individu. Mais ces attentes augmentent dès qu’elles sont sur le point d’être satisfaites ce qui fait du bonheur un sentiment fugace. Sur le plan biologique, la science nous apprend que le bonheur résulte de la sensation physique agréable que nous procure un événement extérieur favorable et non de l’effet direct de cet événement sur notre esprit. Or l’évolution nous a façonnés de telle façon que nos sensations agréables sont passagères. Si un individu a jadis connu un bonheur définitif à manger ou à copuler, il n’a pas éprouvé le besoin de recommencer. Il est donc mort de faim et ne s’est pas reproduit, faisant disparaitre avec lui la capacité génétique au bonheur durable. Les drogues sont une première solution pour tromper notre biologie et faire durer le bonheur. Demain, la convergence de la science et de la machine capitaliste permettra d’élaborer de nouveaux procédés beaucoup plus efficaces, modifiant directement notre corps et notre esprit.

Le troisième objectif de l’humanité sera d’acquérir de nouveaux pouvoirs en faisant appel :

  • au génie biologique pour transformer la chair, selon les besoins et les envies, par la génétique,
  • au génie cyborg destiné afin de créer êtres hybrides, humains-machines,
  • au génie des êtres non organiques visant à permettre à la vie de se développer au sein de matériaux nouveaux et d’échapper ainsi aux contraintes terrestres,

Lorsque ces objectifs seront atteints, l’humanité jouira de l’immortalité, de la béatitude et de pouvoirs nouveaux. La nature humaine aura changé, Homo sapiens sera devenu Homo deus, les hommes seront semblables aux dieux antiques grecs.

Aujourd’hui, cette transformation n’est pas un objectif explicite. Elle sera le résultat de la convergence : 

  • du besoin de croissance de l’économie,
  • de la convergence fortuite d’avancées scientifiques indépendantes : intelligence artificielle, génétique…
  • de découvertes médicales visant initialement à soigner, à remplacer des organes malades ou à éviter les maladies, qui seront finalement utilisées pour augmenter les capacités des individus en bonne santé.

Une précision s’impose avant de poursuivre. S’il est probable, vu du début du XXIe siècle, que Homo sapiens aspire à devenir Homo deus, l’issue de cette tentative est inconnue. Elle peut se conclure par un échec ou par une prise de conscience qui le détournera finalement de son projet. La connaissance est paradoxale : une prédiction historique pertinente peut entrainer les réactions nécessaires pour qu’elle se révèle finalement fausse. Ainsi, les capitalistes français et anglais ont, sur la base des prévisions de Marx, amélioré suffisamment le sort des ouvriers pour que ces dernières soient finalement fausses. Aujourd’hui, l’accumulation sans précédent de connaissances ne nous permet pas de mieux prévoir l’avenir. Elle provoque au contraire des bouleversements plus rapides et plus amples. 

On pense généralement, à tort, qu’étudier l’histoire permet de prévoir l’avenir. C’est faux. La connaissance des guerres puniques est sans utilité pour préparer le prochain conflit mondial. L’histoire nous sert à connaitre les fondements de ce que nous croyons naturel et immuable de façon à nous permettre de nous en libérer et d’augmenter nos possibilités d’agir. La connaissance de l’histoire permet à l’humanité d’élargir son champ des possibles et de décider en conscience de ce qu’elle veut devenir.


Homo deus – Yuval Noah Harari

PREMIERE PARTIE : HOMO SAPIENS CONQUIERT LE MONDE.

2. L’anthropocène – L’homme a modifié l’écologie sans commune mesure avec ce qu’avaient pu faire les autres espèces avant lui : il a fait disparaitre les grands mammifères sauvages au profit de ses animaux domestiques. Il a rassemblé des environnements indépendants en un écosystème mondial dans lequel prospèrent de mêmes végétaux cultivés, de mêmes animaux d’élevage et de mêmes bactéries. Pour cette raison, les 70 000 dernières années peuvent être qualifiées d’époque anthropocène plutôt que d’holocène, le nom que leur attribuent les chercheurs.

Les chasseurs-cueilleurs étaient animistes. Leurs cultes les situaient dans des relations d’égal à égal avec les autres espèces animales avec qui ils cohabitaient et dialoguaient. Au cours de leur essaimage dans le monde, ils ont provoqué l’extinction de grands mammifères de façon non intentionnelle, pour nourrir la tribu.

La révolution agricole s’accompagna de l’apparition des religions théistes comme le judaïsme, le christianisme et l’hindouisme qui placent l’homme au dessus des animaux. La Bible, écrite plusieurs milliers d’années après la disparition des chasseurs-cueilleurs au Moyen Orient, rompt clairement avec les anciens cultes : Adam et Eve ont été créés par Dieu à partir de matière inerte, puis chassés du paradis après avoir dialogué avec le serpent et condamnés à gagner leur pain à la sueur de leur front. On trouve ici à la fois la justification de la singularité de l’homme qui peut légitimement exploiter les animaux, la condamnation de l’animisme et le témoignage que la révolution agricole a déjà eu lieu. Désormais, l’homme ne dialogue plus avec les animaux mais avec Dieu à qui il offre des sacrifices en échange de ses bienfaits.

Nous savons aujourd’hui que les mammifères, les oiseaux ainsi que certains reptiles et poissons sont contrôlés par des algorithmes : ils accomplissent une suite d’étapes complexes afin d’assurer leur survie et leur reproduction. Leurs émotions telles que la peur, l’amour, l’enthousiasme… résultent de ces algorithmes. Chez tous ces animaux, les mêmes processus neurologiques interviennent dans les mêmes zones du cerveau ce qui permet d’affirmer qu’ils connaissent des émotions comparables. Pourtant, les techniques d’élevage légitimées par les religions théistes ne tiennent aucun compte des émotions des animaux domestiques. Les vaches sont séparées de leurs petits quelques heures après leur naissance au mépris du besoin de proximité des mammifères avec leur progéniture. Seul importe le rythme de la reproduction.

Enfin, depuis la révolution scientifique, l’homme est seul. Il ne donne plus à un dieu pour recevoir en échange. Lorsque cette révolution touchera à sa fin, il sera lui-même devenu un dieu. La révolution scientifique donna naissance aux religions humanistes telles que le communisme, le libéralisme ou le nazisme qui mettent l’homme et ses désirs au centre des préoccupations. Le dépassement de l’intelligence humaine par l’intelligence artificielle justifiera-t-elle la domination de l’homme par les machines ou bien dispose-t-il d’une singularité qui lui permettra de s’y opposer ?

3. L’étincelle humaine – Les religions monothéistes affirment que la singularité de l’homme tient à ce qu’il possède une âme immortelle, contrairement aux animaux qui ne seraient que des corps. Pourtant, la science n’a trouvé d’âme ni aux uns ni aux autres. L’âme immuable est contraire à la théorie de l’évolution qui conçoit toutes les caractéristiques d’un être vivant comme l’aboutissement d’un cheminement adaptatif. Cette incompatibilité a conduit de nombreux croyants à rejeter la théorie de l’évolution.

Contrairement à l’âme, l’esprit, défini comme un flux d’expériences conscientes subjectives telles que l’amour, la peur ou la colère est bien réel. Cet esprit ou cette conscience existent-ils chez les animaux ou sont-ils spécifiquement humains ? La réponse n’est pas simple.

Pour commencer, il faut reconnaître que nous ne savons pas comment des phénomène électrochimiques dans les neurones se transforment en expériences subjectives. De plus, nous ignorons le rôle de l’esprit et de la conscience ainsi que la logique de leur émergence dans le cadre de l’évolution des espèces. Un distributeur à café sait préparer une boisson et la Google Car conduire en s’adaptant à la route. Pas de conscience, leur algorithme suffit. Nous pourrions très bien, grâce à notre propre algorithme, fuir le danger, nous alimenter et nous reproduire sans avoir de conscience ni d’expériences subjectives de la peur, de l’amour ou de la colère. Pourquoi et comment est-elle donc apparue ? Que se passe-t-il dans l’esprit qui ne se passe pas dans le cerveau ? Ces questions restent aujourd’hui sans réponse satisfaisante.

L’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle a permis de mettre en évidence la signature d’activités cérébrales correspondant à différents états des consciences. Des constats analogues ont été réalisés sur des singes et des souris. L’étude du comportement des animaux montre également qu’ils peuvent lutter pour survivre en situation critique puis s’abandonner au désespoir ou encore se souvenir d’un événement passé pour adapter leurs réactions. Dans la mesure où la conscience est superflue, il ne sera jamais possible de prouver que les animaux en sont dotés. Toutefois de plus en plus de scientifiques croient à des émotions comparables chez les animaux et chez les humains.

L’avantage que possède l’espèce humaine sur les autres animaux ne tient ni à une âme immortelle ni à une conscience qui lui serait propre mais à son aptitude à coopérer en masse et de façon souple, grâce à une capacité à croire à un ordre imaginaire, à des mythes et à un ensemble de règles qui n’existent en fait que dans l’esprit d’un grand nombre de personnes. Ainsi, si tous les animaux connaissent la réalité objective, extérieure aux individus, la réalité subjective, propre à chacun d’eux, l’homme est le seul à pouvoir élaborer une réalité intersubjective : Dieu, l’argent, la nation… Cette spécificité permis la mise en place d’organisations gigantesques comme les Croisades au cours desquelles des millions d’inconnus ont coopéré.

La biologie étudie les éléments matériels permettant d’élaborer la pensée. Les humanités s’intéressent aux entités intersubjectives construites par cette pensée pour expliquer les événements historiques. Demain, la réalité intersubjective, notamment les mythes et les fictions idéologiques, vont modifier la molécule d’ADN et les conditions de vie sur le Terre. La réalité intersubjective aura soumis la réalité objective.


Homo deus – Yuval Noah Harari

DEUXIEME PARTIE : HOMO SAPIENS DONNE SENS AU MONDE

4. Les conteurs – Pour comprendre notre avenir, il est indispensable de déterminer comment se sont construites les réalités intersubjectives, ces toiles de fictions qui domineront bientôt la réalité objective.

La révolution cognitive permit à Homo sapiens, il y a 70 000 ans, de créer des réalités intersubjectives. Chaque communauté disposait alors de ses mythes et de ses règles de vie. La révolution agricole qui se produisit voici 12 000 ans, conduisit à la création de villes et d’Etats. La taille des communautés humaines augmenta considérablement et, avec elles, la puissance des mythes et des dieux. 

A Sumer, l’invention de l’écriture et des chiffres voici 5000 ans permit une organisation encore plus efficace. Les prêtres purent gérer l’Etat et les avoirs de leurs dieux imaginaires et invisibles, comme des sociétés multinationales actuelles, dont l’existence relève de la même réalité intersubjective.

En Egypte antique, Pharaon était le dieu vivant qui rendait possible la coopération de tous ses sujets. A ce titre, il est légitime d’affirmer que les pharaons ont construit des ouvrages exceptionnels tels que le barrage de Fayoum ou les pyramides, au même titre qu’on dit que les Etats-Unis ont fabriqué la première bombe atomique. Il ne s’agit pas ici de la personne biologique du pharaon mais de son image en tant que réalité intersubjective qui a permis à des dizaines de milliers d’hommes de coopérer pendant des décennies.

Désormais, il était clair que l’efficacité de la coopération à grande échelle dépendait d’un bon dosage entre fictions et réalité. Les scribes et les prêtres en charge des intérêts de leurs dieux décriraient donc la réalité à laquelle il conviendrait de croire ainsi que les règles de vie qu’il faudrait appliquer. 

Les religions ont bien compris qu’une coopération efficace avait besoin de mythes. Les religions monothéistes se sont révélées les plus efficaces grâce à un discours centré sur la communauté des fidèles, interprétant les événements favorables comme des récompenses de leurs bonnes actions et les catastrophes comme des punitions pour leur pêchés. Cette vision puérile du monde a remarquablement bien fonctionné. Mais cette coopération, si elle fut bénéfique pour des entités appartenant à la réalité intersubjective comme la nation, causa d’innombrables souffrances individuelles. L’avenir proche est susceptible de produire des fictions plus puissantes encore qui modèleront nos corps et notre espace.

5. Le couple dépareillé – On pourrait penser que la science moderne a remplacé les mythes. En réalité, le lien qu’elle entretient avec la religion est complexe et souvent mal compris.

Avant de l’analyser, il convient de définir la religion en précisant qu’elle n’est pas synonyme de spiritualité ni de foi en un dieu. La religion est un récit qui englobe tout, conférant une légitimité surhumaine aux lois, normes et valeurs humaines. Elle légitime les structures sociales humaines en affirmant qu’elles reflètent des lois surhumaines. Ainsi, le christianisme et le communisme sont des religions, peu importe si l’une reconnait un dieu, l’autre pas. Toutes deux aspirent à régir des sociétés suivant des lois qui dépassent les hommes, les unes énoncées par le Christ, les autres par Marx. Ces lois permettent d’assurer la stabilité de la société dont chaque membre sera récompensé s’il s’y soumet. La religion est un contrat.

Revenons au rapport entre science et religion. Il est faux de croire que chacune couvre un domaine séparée dans lequel l’autre n’a pas sa place. Le discours religieux se compose généralement de trois parties : 

  • un jugement éthique : la vie est sacrée, ou les hommes doivent obéir à Dieu,
  • un énoncé factuel : la vie commence au moment de la conception ou Dieu a interdit l’homosexualité,
  • une directive pratique : il ne faut pas pratiquer l’avortement ou il ne faut pas pratiquer l’homosexualité.

La science est incompétente sur le jugement éthique. En revanche elle peut se prononcer sur l’énoncé factuel et nous dire, par exemple, si une cellule fécondée dispose d’un système nerveux ou si elle est susceptible de souffrir. Elle peut aussi nous éclairer sur l’origine et la date de rédaction des textes de la Bible condamnant l’homosexualité afin de savoir s’il s’agit d’un commandement divin ou de l’avis d’un religieux.

Les discours religieux échappent à la science en mélangeant les jugements éthiques et les énoncés factuels : les hommes doivent obéir à Dieu et Dieu a écrit la Bible deviennent vous devez croire que Dieu a écrit la Bible. Un jugement éthique peut aussi dissimuler un énoncé factuel : la vie humaine est sacrée cache parfois tout homme possède une âme éternelle. En démêlant le jugement éthique et l’énoncé factuel, la science peut ainsi nous éclairer sur la valeur de ce dernier.

Toutefois, le maintien de l’ordre social à grande échelle ne peut se passer de la religion ce qui n’exclut aucunement l’avancée de la science. La religion lui donne sa justification éthique et oriente ses travaux. Soulignons que la révolution scientifique survint dans la société européenne, la plus dogmatique et la plus religieuse au monde. 

On a tort de voir dans la religion et la science deux voies de recherche de la vérité. Ni l’une ni l’autre ne s’intéressent à la vérité. La religion vise l’ordre social, la science le pouvoir. La quête de la vérité est affaire de voyage spirituel, une démarche incompatible avec le respect des carcans religieux ou scientifiques.

6. L’alliance moderne – La modernité est un marché : les hommes acceptent d’abandonner le sens en échange du pouvoir. Jadis, la vie humaine, jalonnée de contraintes morales et sociales, faisait partie d’un grand dessein cosmique. Aujourd’hui, l’homme poursuit sa quête de puissance dans un monde vide de sens. Voyons comment est apparu cette soif de pouvoir.

Jusqu’à l’aube des Temps Modernes, personne ne croyait à la croissance économique. Le monde était un gâteau de taille fixe, la richesse de quelques uns était financée par la misère de tous les autres et le crédit était une pratique marginale. Puis, un cercle vertueux de confiance et de réussite permit de changer de paradigme. Le crédit, manifestation économique de la confiance en l’avenir, rendit possible la croissance, considérée depuis comme la solution à tous les maux. Les économistes lui voient trois fonctions primordiales :

  • accroître le niveau de vie qui est sensé être une des clés du bonheur,
  • répondre à la croissance démographique en produisant les richesses nécessaires,
  • permettre aux plus pauvres d’avoir une vie meilleure pour qu’ils ne menacent pas les plus fortunés.

La croissance est devenue un moyen commun à toutes les idéologies, capitaliste, communiste…

La croyance dans la croissance économique présente toutes les caractéristiques d’une religion. Ses fidèles la voient comme la solution à tous les maux et ils obéissent à ses commandements. Aujourd’hui, rares sont ceux qui renoncent à s’enrichir s’ils en ont l’occasion et placer ses vieux parents dans un institut pour ne pas réduire son activité professionnelle à s’en occuper est une pratique courante. Notons aussi que les enfants sont familiarisés au toujours plus par des jeux de stratégie économique.

La croissance peut-elle s’arrêter ? On considère généralement que le monde dispose de deux ressources en quantités finies : l’énergie et les matières premières. Il en existe pourtant une troisième, inépuisable celle-là : la connaissance qui permet de fabriquer encore plus d’énergie et de disposer d’encore plus de matières premières. La menace qui pèse sur la croissance n’est pas liée à la pénurie de ressources mais au risque de désastre écologique. A ce jour, aucun sommet n’a apporté de solution crédible au problème du réchauffement climatique. Les responsables des pays développés espèrent un miracle. Certains pensent même pouvoir créer une arche high tech évitant à l’élite, dont ils font partie, de subir l’anéantissement qui menace l’humanité. Les pays pauvres quant à eux ne veulent pas renoncer à la croissance qui leur procure des ressources immédiates, même au risque de payer au prix fort les dégâts du changement climatique.

La croissance et ses adeptes, banquiers, investisseurs, industriels, firent reculer de façon spectaculaire les guerres, les maladies et la famine, de façon bien plus efficace que les religions traditionnelles. La religion de la croissance et du capitalisme se nomme l’humanisme.

7. La révolution humaniste – L’humanisme bouleversa radicalement la vision du monde. Dans l’Europe médiévale, à l’apogée des religions déistes, la vie humaine tirait son sens d’un grand plan cosmique. L’humanisme déclara au contraire qu’il appartenait aux hommes de donner du sens à un monde qui n’en avait aucun. Cette inversion affecta tous les domaines : le bien et le mal n’étaient plus à rechercher dans les textes saints mais chacun pouvait faire ce qu’il pensait être bien pourvu que cela ne fît souffrir personne ; les dirigeants politiques n’avaient plus de mandats divins mais étaient désignés par les électeurs qui savaient ce qui était bon pour eux ; l’art n’était plus le produit de l’inspiration divine mais la beauté se trouvait dans l’œil du spectateur ; les corporations ne décidaient plus des caractéristiques des objets que les artisans fabriquaient mais le consommateur imposait ses désirs aux fabricants ; l’enseignement de la pensée des grands hommes était devenu secondaire par rapport à l’apprentissage à penser par soi même. Partout, les valeurs n’étaient plus dictées de l’extérieur mais émanaient de l’intérieur de chaque individu.

*

La révolution scientifique se caractérisa par l’abandon de la recherche du savoir dans les Ecritures au profit de l’interprétation mathématique des résultats empiriques. Toutefois, malgré ses succès, le savoir scientifique n’était d’aucune utilité pour traiter les questions de sens et de valeurs. L’humanisme combla cette lacune. Il proposa d’accéder au savoir éthique et à la sagesse par l’accumulation d’expériences de toutes natures : émotionnelles, intellectuelles, physiques, afin de développer sa sensibilité et de la mettre à profit pour vivre de nouvelles expériences avec une acuité toujours plus grande. Ainsi, alors que le héros médiéval accumulait les succès de chevalerie sans modifier sa perception du réel, le héros humaniste accumule les expériences en cheminant vers la sagesse.

L’humanisme, fondé sur la reconnaissance de l’expérience humaine comme source de sens et d’autorité, connut un schisme aux XIX et XXe siècles qui le divisa en trois grands courants : 

  • le libéralisme, l’orthodoxie de l’humanisme, affirme que chaque homme dispose d’une singularité qu’il doit pouvoir exprimer librement pour la prospérité et la richesse de la société, sans être écrasé par l’Etat. Il se traduit par l’économie de marché, le suffrage universel, l’invitation à penser par soi même,
  • le socialisme considère que chacun doit se mettre au service de l’expérience humaine des autres au travers d’institutions collectives telles que le parti ou le syndicat. Ce sont alors ces institutions qui savent et non plus l’électeur individuel,
  • l’humanisme évolutionniste affirme, dans la logique de la sélection naturelle, que les hommes ne sont pas tous égaux et que seuls les plus aptes doivent assurer l’avenir de l’humanité, la transformation de l’homme en surhomme. Le nazisme est une des modalités de l’humanisme évolutionniste.

Les trois humanismes se séparèrent définitivement au XXe siècle. Les libéraux furent accusés par les évolutionnistes d’entraver le travail de la sélection naturelle et par les socialistes de défendre les intérêts de la classe possédante. Après la défaite de l’Allemagne nazie rendue possible par leur alliance, socialistes et libéraux s’opposèrent dans une Guerre froide qui tourna finalement à l’avantage des seconds à la fin des années 1980. Le libéralisme finit par triompher un peu partout dans le monde et ne connait aujourd’hui aucune concurrence sur le plan idéologique. 

Plus de cent ans après que Nietzsche eut proclamé sa mort, Dieu semble aujourd’hui de retour. Il s’agit en fait d’une réminiscence passagère de l’ancien monde. Les religions ont toujours servi à répondre aux questions du moment : les esprit de la forêts ont accompagné les chasseurs cueilleurs, les religions agricoles les paysans, le marxisme les ouvriers de la révolution industrielle. Les religions traditionnelles qui furent des sources d’inspiration au Moyen âge n’avaient plus rien à proposer au XIXe siècle. Il est probable que l’avènement des nouvelles technologies sera accompagné par ses religions propres et que l’humanisme comme les religions déistes traditionnelles deviendront obsolètes.


Homo deus – Yuval Noah Harari

TROISIEME PARTIE : HOMO PERD LE CONTROLE

8. La bombe à retardement au laboratoire – Le point faible de la théorie libérale est de supposer l’existence d’un libre arbitre et d’un moi qui pense de façon autonome. Mais si je prends mes décisions selon mes envies, il est possible que je ne choisisse ni mes envies ni mes pensées mais qu’elles s’imposent à moi. La preuve : il est impossible de ne penser à rien. 

Les neurosciences ont confirmé par l’expérience la fragilité de l’hypothèse d’un libre arbitre : 

  • l’implantation d’électrodes dans le cerveau de rats permet de contrôler leurs désirs,
  • l’armée américaine a développé des casques dotés d’électrodes posées sur le cuir chevelu permettant d’augmenter la concentration des combattants,
  • chez des épileptiques traités par séparation des liens nerveux entre les deux hémisphères du cerveau, il a été constaté des réponses différentes à une même question, selon qu’elle était posée oralement ou par écrit. L’hémisphère gauche, siège de la parole, n’est ainsi pas toujours d’accord avec l’hémisphère droit siège de la lecture. 

Par ailleurs, le moi n’est pas monolithique. Les sciences cognitives ont mis en évidence deux type de moi : le moi expérimentateur qui vit l’instant présent et le moi narrateur qui écrit des récits imaginaires et très partiels afin de donner de la cohérence à nos actes.

Les technologies utiliseront probablement cette absence de libre arbitre et le caractère composite de chacun d’entre nous pour faire voler en éclats le libéralisme.

9. Le grand découplage – L’union du capitalisme et du libéralisme est fondé sur le constat que les citoyens d’une démocratie sont plus efficaces, dans leur travail et au combat, que les sujets d’un pouvoir absolu. Que deviendra cette alliance, dans quelques décennies, lorsque les hommes seront surpassés dans tous les domaines par les robots et des ordinateurs, dépourvus de conscience mais d’une efficacité redoutable ? 

Les ordinateurs ont déjà dépassés les humains dans des disciplines telles que les échecs ou le jeu de go. Des algorithmes sont capables d’analyser des données économiques et sont membres de conseils d’administration d’entreprises. Dans le domaine de l’art, des algorithmes sont capables de créer des œuvres de Bach, des pièces musicales originales ou des Haiku, dont l’origine non humaine est indiscernable.

Bientôt, des robots dotés d’algorithmes spécialisés se substitueront aux humains dans la plupart des emplois : courtiers en assurance, caissières, serveurs, cuisiniers, chauffeurs de taxi, assistants juridiques. Ces intelligences sans conscience remplaceront également des professionnels très qualifiés et notamment : les avocats, grâce à une connaissance complète des lois, des jurisprudences, des procédures, mais aussi du fait de l’utilisation de l’imagerie du cerveau qui permettra de faire la part entre mensonges et vérités qui activent des zones différentes ; les médecins de familles et les pharmaciens, grâce à la connaissance complète des données personnelles des patients, des pathologies, des symptômes et des statistiques ; les enseignants, grâce à la possibilité d’analyser la compréhension des cours par les élèves et la nature de leurs difficultés.

Les emplois nécessaires à la création de ces algorithmes, réservés à une petite élite humaine, ne compenseront pas ceux qui auront été détruits. Une classe d’individus inutiles apparaitra. Qu’adviendra-t-il d’eux ? Les jeux vidéo et la drogue seront-ils leurs seules distractions ?

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La croyance du libéralisme en un homme libre et indivisible est démentie par les sciences de la vie : chaque être humain possède une personnalité multiple et ses choix, conditionnés par sa génétique et la pression de l’environnement, seront susceptibles d’être anticipés par et un algorithme qui le connait mieux que lui même.

Des algorithmes peuvent d’ores et déjà surveiller nos données biométriques par différents capteurs afin de détecter des anomalies, réguler notre taux de sucre dans le sang ou, à partir des données génétiques tirées d’un peu de salive, calculer des probabilités de développer certaines maladies. A court terme, des systèmes pourront détecter une épidémie, bien avant les autorités sanitaires, en analysantla fréquence des mots employés dans les mails et les conversations téléphoniques des habitants d’une ville. Dans un futur proche, d’autres algorithmes pourront analyser le comportement d’une personne en continu pour la conseiller au mieux, dans toutes ses décisions, professionnelles, sentimentales… Accepter de telles aides à la décision nécessite d’admettre que les êtres humains sont dépourvus de libre arbitre, qu’ils sont un assemblage d’algorithmes biologiques dont un système non-organique peut prévoir les réactions.

Les systèmes modernes nous cernent déjà grâce aux informations que nous leur communiquons volontairement : Facebook commence à déterminer la personnalité de ses membres avec dix Like ; des sites marchands nous connaissent suffisamment pour nous proposer des produits correspondant à nos goûts. Il est envisageable que dans les prochaines décennies les systèmes d’assistance soient devenus à ce point performants qu’ils nous ôtent tout besoin de prendre une quelconque décision. Il sera alors important de disposer des meilleurs algorithmes, les plus modernes et les plus chers, pour avoir sa place dans la société. La captation de ces données par un régime totalitaire pourrait alors devenir le cauchemar du XXIe siècle. 

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La morale libérale affirme que la vie de chacun a la même valeur, que tous les individus ont droit à des soins médicaux et que la voie de chaque citoyen a la même importance lors des élections. Elle est liée à un principe éthique mais aussi au fait que chaque individu est utile à l’organisation économique et militaire. Au XXIe siècle la donne va changer : les masses seront devenues inutiles et, dans le même temps, la médecine aura amélioré les capacités de la minorité indispensable à la production et au contrôle des intelligences inconscientes. Cette situation pourrait conduire à l’apparition d’une caste de surhommes qui, trahissant l’idéal libéral, se désintéressent du sort du reste de l’humanité.

10. L’océan de la conscience – Le développement technologique s’accompagnera de nouvelles religions qui remplaceront l’humanisme et les cultes déistes traditionnels devenus obsolètes. Deux tendances se dessinent au sein de ces techno-religions : le techno-humanisme et la religion des données.

Le techno-humanisme visera à transformer Homo sapiens en Homo deus afin qu’il ne soit pas supplanté par les intelligences inconscientes. Pour ce faire, sur le modèle de la révolution cognitive qui permit à Homo sapiens de dominer le monde, le techno-humanisme proposera aux humains des modifications génétiques et cérébrales permettant d’accéder à des états de consciences inconnus jusqu’ici, de découvrir des contrées étrangères aux hommes comme aux animaux. Le champ d’exploration est immense. Les états de consciences connus des humains représentent une petite partie de ceux accessibles aux espèces animales et une infime fraction de ceux qui pourraient être atteints, à l’image du spectre de la lumière visible au sein du spectre électromagnétique. Pour tenter de comprendre la nature de l’exercice pensons que l’univers mental d’une chauve souris, qui doit la vision à son système de sonar, nous est aujourd’hui totalement inaccessible.

Les facilités que le monde moderne nous a apportées nous ont fait perdre de nombreuses capacités : notre odorat s’est émoussé, notre faculté de concentration sur un temps long a été amoindrie par la soif d’informations fraiches et notre aptitude à rêver a quasiment disparu. Le piège dans lequel pourrait tomber le techno-humanisme serait de produire des humains parfaitement adaptés à un monde valorisant les décisions rapides et efficaces, mais étrangers à l’empathie. 

Le second piège tient dans un dilemme insoluble. En vertu du principe que la volonté humaine est la chose la plus importante au monde, l’humanisme considère qu’il convient de laisser s’affirmer son moi authentique. Mais celui-ci exprime tantôt un désir singulier et dissonant, tantôt une aspiration au confort qu’apporte l’observation des règles sociales. Que doit-on écouter ? La tentation sera grande, lorsque les techniques le permettront, de contrôler les désirs, de canaliser la volonté des sujets pour les rendre compatibles avec les exigences de la société. Le techno-humanisme aura ainsi le choix entre trahir l’idéal humaniste ou renoncer aux technologies. Ce dilemme semble condamner le techno-humanisme.

11. La religion des data – Le dataïsme consiste à voir le monde comme un flux de données que traitent diverses entités : hommes, animaux, ordinateurs, bourses, pays, citées, colonies de bactéries… Ces entités, conscientes ou non, biologiques ou non, sont gouvernées par des algorithmes plus ou moins complexes et efficaces qui émanent des mêmes lois. Point de convergence de la biologie et de l’informatique, le dataïsme fait tomber la frontière entre l’intelligence organique et non organique et promet d’unifier toutes les disciplines : musicologie, économie, politique, médecine… tout n’est qu’affaire de traitement de données.

Du point de vue dataïste, les sociétés sont également des systèmes de traitement des données. Le communisme assure cette tâche de façon centralisée alors que sa rivale, l’économie de marché, repose sur une organisation qui fait appel à tous les acteurs de la société. Les dataïstes expliquent la victoire de l’économie de marché sur le communisme par le fait qu’elle permet une meilleure circulation des données par une multitude de canaux. 

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L’accélération du développement des technologies depuis l’apparition d’Internet laisse le pouvoir à la traine. L’Etat n’arrive pas à réglementer assez vite les possibilités qui émergent continuellement. Ainsi, l’organisation d’Internet n’a été décidée par aucune loi et, dans un avenir proche, des révolutions technologiques prendront encore de vitesse le législateur. Le pouvoir est aujourd’hui vacant, atomisé entre ceux qui, sans légitimité démocratique, construisent le monde de demain. Les électeurs se sentent dépossédés. La question est de s’avoir qui s’emparera du pouvoir ?

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L’histoire humaine peut se lire comme l’amélioration du processus de traitement des données. Grâce à sa faculté singulière de fabriquer des entités intersubjectives permettant à un nombre illimité d’individus de coopérer, Sapiens a essaimé sur tous les continents et conquis le monde. La révolution agricole a provoqué une augmentation démographique sans précédent au sein de villes. L’écriture et la monnaie ont permis aux villes de coopérer conduisant à la création d’Etats et d’empires. La révolution scientifique a enfin rendu possible une coopération de plus en plus efficace à grande échelle jusqu’à l’émergence du village mondial d’aujourd’hui. Ainsi, l’histoire humaine a permis une augmentation vertigineuse :

  • du nombre d’individus, c’est à dire des unités de traitement de l’information,
  • de la diversité des cultures, c’est à dire de la façon de traiter l’information,
  • du nombre de connexion entre ces unités diversifiées de traitement des données, depuis le chemin de terre jusqu’aux réseaux de transfert de données à haut débit, 
  • la liberté de circulation des données à l’intérieur de ces connexions.

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Où s’arrêtera cette ascension ? Quel est l’idéal poursuivi ? L’objectif dataïste est l’Internet de tous les objets, un système généralisé de traitement des données, dans lequel se fonderaient tous les autres systèmes, y compris les hommes. Le bien suprême de ce nouveau dieu est la circulation totalement libre de l’information, ce qui suppose l’accès à toutes les données personnelles. L’humanisme invitait à trouver un sens à la vie au travers d’expériences vécues. Le dataïsme propose d’injecter ces expériences dans le grand flux de données. Il ne conçoit pas l’utilité de vivre des expériences sans les partager. 

Le dataïsme ne voit aucune objection au remplacement d’Homo sapiens lorsqu’il sera devenu un algorithme biochimique rendu obsolète par des algorithmes géants, résultats d’un travail collaboratif inaccessible à un esprit humain individuel. Ces algorithmes seront en outre dotés de capacités d’apprentissage qui garantiront leur adaptation permanente et les éloigneront des capacités de leurs concepteurs. Qu’importe qu’ils soient conscients ou non.

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Bien entendu, le dataïsme fait l’objet de critiques et d’objections parmi lesquelles on retient : 

  • les êtres vivants ne sont pas des algorithmes,
  • la vie ne se résume pas à des prises de décisions,
  • le remplacement des hommes par des machines constituera une perte considérable.

Le dataïsme doit son succès en grande partie à son caractère unificateur et à ses promesses à court terme de santé, de bonheur et de pouvoir. Il pourrait devenir une religion majeure et finir par faire disparaître l’espèce humaine, en l’absorbant dans le flux de données, lorsqu’elle aura accompli sa mission : l’avènement de l’internet de tous les objets.

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Ces scénarios ne sont pas des prophéties mais des possibilités. Il est envisageable de s’y opposer, d’œuvrer à ce qu’elles ne s’actualisent jamais. La technologie n’est pas porteuse d’un avenir déterminé et peut déboucher sur différents scénarios, sur différentes sociétés.

Le choix de notre avenir porte sur ces trois questions clés : 

  • les organismes ne sont-ils réellement que des algorithmes ?
  • de l’intelligence ou de la conscience, laquelle est la plus précieuse ?
  • qu’adviendra-t-il de la société, de la politique et de la vie quotidienne quand des algorithmes non conscients mais hautement intelligents nous connaîtrons mieux que nous ne nous connaissons ?

2 réflexions sur “Homo deus, une brève histoire de l’avenir – Yuval Noah Harari

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