Souvenirs de Versailles pendant la Commune – Léonce Dupont

fullsizeoutput_2539Léonce Dupont, ancien collaborateur du journal pro gouvernemental Le Constitutionnel sous le Second Empire, publie en 1881 ses souvenirs de la Commune qu’il a vécu coté versaillais.

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Souvenir de Versailles pendant la Commune – Léonce Dupont – Résumé

Introduction – A l’heure du retour de déportation de ses principaux acteurs encore vivants. Alors que l’opinion publique vouait une haine féroce aux communards lorsqu’ils partaient pour l’exil, leur retour est fêté comme s’ils devaient reprendre une vie paisible. 

Cette indulgence est compréhensible. La république est le fruit de l’esprit révolutionnaire de la Commune, cet esprit qui donna le courage aux complices du 4 septembre de mettre fin à l’empire. Plus encore ! La République est redevable à la Commune d’avoir contraint M. Thiers de lui promettre son soutien devant les délégations des grandes villes prêtes à suivre l’exemple de Paris. Le chef de l’Etat trahissait ainsi le serment fait aux monarchistes de favoriser le retour du roi. En se réconciliant avec les anciens condamnés, la République ne fait que payer sa dette.

Aujourd’hui, M. Gambetta prépare les esprits au retour des idées de la Commune, non plus par la force mais par le vote, en muselant la justice, en retirant les symboles religieux des écoles et des prétoires, en faisant la promotion de l’éducation laïque et en remplaçant la vraie morale de l’Eglise par une morale indépendante. 

Le récit qui suit ne cède pas aux passions du moment. Il constitue un témoignage qui vise à servir la vérité et le sens commun.

Souvenir de Versailles pendant la Commune – Léonce Dupont – Résumé

Chapitre I – Le 18 juin 1871, après les violences des parisiens qui refusèrent de livrer les canons de la ville à l’armée, M. Thiers décida de se replier dans l’urgence à Versailles où siégeait l’Assemblée nationale de retour de Bordeaux. Le président du pouvoir exécutif y fut rejoint par son secrétaire M. Barthélemy Saint-Hilaire, ses collaborateurs, sa famille, son gouvernement, son administration, ses chevaux et les ambassadeurs étrangers. Là, M. Thiers, assisté de ses ministres et du général Vinoy chargé du siège de Paris, put se consacrer à sa seule passion : gouverner. Pendant ce temps, un groupe d’inconnus sans talent prenait le pouvoir à Paris sous le nom de Comité central de la garde nationale.

A Versailles, le château fut investi par les ministres et les administrations qui y installèrent leurs bureaux. L’Assemblée quant à elle siégeait à l’opéra royal, délibérant au nom de la République sous les fleurs de lys.

La Commune ayant saisi le journal Le Constitutionnel, Léonce Dupont par crainte d’être arrêté quitta Paris pour un hôtel à Ville-d’Avray. A Versailles, où se côtoyaient bourgeois inquiets, gendarmes, prisonniers rentrés d’Allemagne s’apprêtant à reprendre les armes, écrivains de renom, partisans de l’empire de retour d’exil et gardes nationaux fidèles au pouvoir, les logements étaient rares. Malgré l’atmosphère morose, le remplacement des Allemands par ces exilés faisait le bonheur des hôteliers et des commerçants de la ville.

Le 22 mars, rue de la Paix, une manifestation des partisans de l’ordre fut réprimée dans le sang. M. Thiers qui n’avait pas cru immédiatement à l’assassinat des généraux Lecomte et Clément-Thomas le 18 mars, prenait peu à peu conscience des mauvaises intentions des insurgés.

Le 23 mars, des maires de Paris entrèrent dans l’Assemblée nationale pour appeler à la réconciliation. Mais dans le brouhaha produit par les applaudissements de la gauche et les murmures assourdissants de la droite la séance fut levée. Cet épisode fut suivi d’élections municipales dans la capitale le 26 mars. Les vainqueurs de ce scrutin fantaisiste proclamèrent la Commune qui s’érigeait en rival du pouvoir national. Les têtes de députés réactionnaires furent mises à prix et leur maison marquée de la mention Bon à fusiller.

Devant ces menaces, M. Thiers et ses généraux constituèrent une armée avec des compagnies de gendarmes et des soldats rentrés d’Allemagne. Le 1er avril elle défila à Versailles. 

Souvenir de Versailles pendant la Commune – Léonce Dupont – Résumé

Chapitre II – Le matin du dimanche 2 avril, le canon retentit pour la première fois à l’effarement général. Trouvant un cocher et une voiture, Léonce Dupont suivit la Seine pour s’enquérir des événements. A Puteaux, il rencontra des insurgés puis, au rond-point des Bergères, des médecins de la Commune qui chargeaient sur des charrettes des cadavres de fédérés partis à l’assaut du Mont-Valérien. Les troupes de l’ordre n’avaient pas fait de prisonnier. 

Le 3 avril la nouvelle de l’échec de l’attaque de la commune se répandit. Les insurgés avaient subi des pertes : le général Duval était mort et le général Henry fait prisonnier. Un officier rapporta qu’alors qu’ils fouillaient méthodiquement chaque maison, les gendarmes avaient reçu un coup de feu depuis l’étage de l’une d’elles. Ils étaient montés et avaient arrêté deux hommes. En sortant, l’un d’eux se plaignit avec insolence au capitaine, resté à cheval, du comportement brutal de ses hommes qu’il qualifia de lâche. De colère, l’officier lui fendit le crâne de son sabre. Une lettre trouvée dans la poche du cadavre révéla son identité : Flourens. 

Ces combats chassèrent de Paris ceux qui voulaient encore croire à l’apaisement. Le 4 avril, en écho aux violences, plusieurs députés de la gauche démissionnèrent en soutien à la Commune. 

Le général Gallifet déclara alors la guerre aux assassins de la Commune. L’accélération des procédures devant le conseil de guerre fut votée. Les exécutions sur le champ de bataille se multipliaient mais les prisonniers ramenés à Versailles étaient bien traités. Ils rejoignaient l’un des différents bâtiments convertis en prison. De son côté, la Commune faisait des otages parmi lesquels l’archevêque de Paris, Mgr Darboy.

Imitant Paris, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Limoges… se soulevèrent, revendiquant plus d’autonomie et s’opposant aux partisans de la monarchie. Pour faire cesser ces émeutes et conserver à l’exécutif la prérogative contestée de nommer les maires des grandes villes, le bruit courut que M. Thiers promit aux délégations de provinces le maintien de la république, en dépit de ses engagements auprès des monarchistes de soutenir le retour du roi. Les Communes dans les villes de provinces n’eurent pas de suite.

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Chapitre III – Pour faire face à la situation, M. Thiers obtint des Allemands d’augmenter les effectifs de l’armée. Il lui restait à en désigner le commandant en chef. Jugeant le général Vinoy responsable du désastre du 18 mars, il jeta son dévolu sur le maréchal de Mac-Mahon qui venait de quitter Paris avec sa famille, échappant de justesse à l’arrestation. Malgré ses défaites aux côtés de Napoléon III, il savait diriger d’une main ferme, ne faisait pas quartier et jouissait d’un grand prestige auprès des soldats, suite à la blessure qu’il avait reçue pendant le conflit. Le chef du pouvoir exécutif divisa alors l’armée en six corps. Il en confia cinq au maréchal de Mac-Mahon et fit du dernier un corps de réserve qu’il plaça sous le commandement du général Vinoy afin de ne pas lui faire perdre la face. 

M. Thiers s’adonna alors aux joies de l’art de la guerre, élaborant des stratégies et traitant directement avec les chefs de corps d’armée. Il ne prenait conseil qu’auprès du général Valazé, chef d’état-major du général Le Flô, ministre de la guerre, sans passer ni par le ministre ni par le maréchal de Mac-Mahon. Pour redonner à cette armée un moral que ses récentes défaites avait mis à mal, une grande messe militaire de Pâques fut organisée sur le plateau de Satory que le son régulier du canon ponctuait.

Pendant la semaine de Pâques, la Commune opta pour la guerre à outrance, prenant des otages et rendant définitivement impossible tout espoir de règlement pacifique du conflit.

A Versailles, on s’habituait à une vie rythmée par le canon. Les tirs mal ajustés de la commune répondaient à la précision de l’armée de l’ordre qui faisait l’objet de la curiosité et de nombreux exilés qui profitaient des belles journées de printemps et de la douce chaleur de l’air pour voir aller voir les canons versaillais en action et examiner à la lunette la précision de leurs tirs.

Les prisonniers arrivaient régulièrement à Versailles, diables et diablesses en guenilles, sales et maigres. Ils recevaient un accueil particulièrement agressif des versaillais excédés avant de rejoindre les bâtiments des Petites et les Grandes Ecuries du château. Après un interrogatoire rapide, ils étaient transférés dans une des prisons aménagées dans différents bâtiments de la ville. Les interrogatoires révélaient que beaucoup de communards ne savaient pourquoi ils se battaient hormis les trente sous par jour qu’ils percevaient.

A Versailles, les parisiens en exil trouvaient leurs marques. Après quelques semaines, chaque milieu avait ses restaurants, ses cercles, ses lieux de distraction, comme si la guerre civile ne devait jamais finir.

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Chapitre IV – M. Thiers était préoccupé par l’attitude ambigüe des Allemands qui déclaraient ne pas vouloir s’immiscer dans les affaires de la France tant que les acquis financiers et territoriaux négociés ne seraient pas remis en cause, mais restaient en contact avec Napoléon III exilé à Londres, comme s’ils préparaient son retour. Il fallait désormais mettre rapidement fin à l’insurrection.

Le chef de l’Etat disposait d’un homme de confiance : le docteur Troncin-Dumersan. Ce personnage interlope, médecin à ses heures, faisait des allés et retours quotidiens entre Versailles et Paris pour transmettre la correspondance des ambassadeurs avec leur chancellerie restée dans la capitale. Il disposait ainsi de tous les laissez-passer nécessaires pour effectuer les tâches que lui confiait M. Thiers : transmettre des plis, rapporter des informations sur l’évolution de la situation. Il alla jusqu’à l’aider à corrompre un officier de la Commune dans une tentative sans lendemain.

Pendant ce temps, Bismarck fournissait à la commune des fusils et des chevaux, rendait les prisonniers au compte-goutte et faisait des discours sur la proximité entre l’organisation politique allemande et celle défendue par la Commune, toutes choses qui semblaient traduire sa volonté d’affaiblir la France. Finalement M. Thiers fit de nouvelles concession à l’Allemagne qui se détourna alors définitivement de la Commune.

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Chapitre V – Le 8 mai, M. Thiers fit placarder sur les murs de Paris, par des moyens restés mystérieux, une proclamation qui légitimait le pouvoir de Versailles, annonçait l’entrée imminente de son armée dans Paris et invitait les habitants à l’aider à vaincre la Commune afin que cessent les souffrances de la guerre et que le pays retrouve sa prospérité. Ce texte, sans hauteur, eut peu d’échos à Versailles. En revanche il déclencha la colère des chefs de la Commune qui décidèrent, par décret du 9 mai, de raser la maison du chef de l’Etat place St Georges et de confisquer les collections d’objets d’art qu’elle contenait.

Alors que M. Thiers, à la fois chef de l’Etat et chef de guerre, était au comble du bonheur, M. Troncin-Dumersan rapporta de Paris, le 10 mai, une terrible nouvelle : la démolition de la maison de la rue St Georges était en cours et les collections avaient été confisquées ou livrées au pillage. A l’annonce de la nouvelle, M. Thiers éclata en sanglots, puis se reprit, réalisant les avantages politiques de la situation. Comme il l’avait espéré, alors qu’il avait été chahuté au sujet de l’ambiguïté de sa position concernant le retour de la monarchie, l’Assemblée renouvela sa confiance au chef de l’Etat et vota la reconstruction de sa maison au frais de l’Etat. M. Troncin-Dumersan, à la demande de M. Thiers, retrouva une grande partie des objets d’art volés. Ceux qui avaient été saisis, en revanche, furent déposés aux Tuileries et brûlèrent avec les bâtiments. Eprouvé par ces événement, M. Thiers s’aménagea un petit musée derrière son cabinet de travail dans lequel il aimait s’isoler et contempler les œuvres qui lui étaient revenues.

La Commune sentait sa fin proche. Son organisation était de plus en plus chancelante et les rumeurs de trahisons allaient bon train. Son sens moral tomba même si bas que le 16 mai, elle commit le sacrilège d’abattre la Colonne Vendôme, symbole du patriotisme national, alléguant que la statue de Napoléon Ier, à son sommet, honorait un tyran et que la Commune voulait rompre avec le militarisme. Cet acte odieux suscita peu d’émotion à Versailles, le pouvoir n’ayant aucune sympathie pour l’Empire. A l’Assemblée, la séance du 17 mai fut consacrée à la ratification du traité de paix avec l’Allemagne dans lequel M. Thiers avait obtenu que Belfort restât en France. Elle s’acheva au bruit de l’explosion de la cartoucherie de l’avenue Rapp dont les deux camps se rejetèrent mutuellement la responsabilité.

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Chapitre VI – Le dimanche 21 mai, M. Thiers et le général Valazé rejoignirent le maréchal de Mac-Mahon au Mont-Valérien pour observer la situation et discuter de la stratégie à adopter. Soudain, le maréchal aperçut des soldats versaillais sur les remparts. Alors que M. Thiers lui donnait des directives sur la conduite à tenir, le maréchal le somma de le démettre de son commandement ou de le laisser l’exercer. Cette attitude sèche qui détonnait avec l’onctuosité habituelle du chef de l’armée de Versailles, lui laissa les mains libres.

La brèche qui avait permis cette entrée décisive dans Paris était le résultat de la trahison du général Dombrowski. Ce polonais qui avait participé dans son pays à l’insurrection de 1863 avant de diriger l’armée de la Commune était aujourd’hui prêt à trahir les fédérés dont il prétendait que la lâcheté et le goût pour le sang l’avaient dégoûté. Il affirmait également souhaiter mettre sa famille à l’abri du besoin. La longue négociation, par le biais d’une chaine de personnages plus ou moins louches reliant le pouvoir de Versailles au général fédéré et à son aide de camp nommé Hutzinger, avait abouti à la promesse d’une somme d’un million et demi de francs contre les portes du Point du Jour, de Passy et d’Auteuil. Le 20 mai, Dombrowski donna l’ordre d’abaisser les ponts levis et de dégarnir les remparts pendant que Hutzinger allait récupérer l’argent. Mais l’affaire fut éventé. Lors de la transaction, l’émissaire du pouvoir fut arrêté par la Commune et exécuté. Hutzinger fut écroué jusqu’à son évasion dans la confusion des combats. Quant à Dombrowski, il fut mortellement blessé sur une barricade tentant de racheter son honneur après le fiasco de sa trahison. M. Thiers n’avait rien dit de cette affaire au maréchal de Mac-Mahon dont l’étonnement était sincère.

La nouvelle se répandit bien vite dans Versailles où la joie s’empara des parisiens alors qu’ils étaient sur le point de prendre leur apéritif du soir. Le lundi 22 mai, M. Thiers fut fêté à l’Assemblé qui vota la motion L’armée et M. Thiers ont bien mérité de la patrie. Lors de la même séance on vota aussi la reconstruction de la Colonne Vendôme mais sans l’empereur à son sommet. Quelle faiblesse d’esprit que de vouloir honorer la bataille d’Austerlitz mais point son vainqueur !

Les deux premiers journalistes entrés dans Paris découvrirent la désolation et des bâtiments dévastés par les obus. La guerre civile allait maintenant vraiment commencer. 

A Versailles, pour apaiser les angoisses et distraire les exilés, une grande foire fut organisée avec ses loteries, ses gaufres et ses phénomènes.

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Chapitre VII – Le 22 mai au matin, Versailles fut frappé d’effroi : le bruit courut que les fédérés voulaient faire sauter Paris plutôt que de le rendre. L’après midi, un événement vint chasser cette atmosphère lourde : Rochefort arrivait sous les vociférations de la foule. Accompagné de son secrétaire, Mourot, il avait été arrêté à Meaux, alors qu’il tentait de fuir Paris. Les deux hommes furent écroués à Versailles. On trouva sur Rochefort une forte somme en pièces d’or, des bijoux et de forts bons cigares. 

Ecroué, l’homme était si inquiet de son avenir qu’il demanda un temps le soutien d’un aumônier et s’inquiéta de savoir si son fils naturel qu’il n’avait pas reconnu pourrait hériter de son titre de marquis et de son blason.

A l’assemblée, l’atmosphère était morose. Paris dévasté, les députés n’avaient qu’une hâte : rejoindre les hauteur pour observer la situation à la longue vue. Paris étaient dans la fumée d’où émergeait subrepticement  la silhouette d’un bâtiment en feu : les Tuileries, l’Hôtel de Ville, le Conseil d’Etat… Une civilisation s’effondrait. Les Allemands eux-mêmes n’avaient pas fait preuve d’une telle sauvagerie. 

Le 24 mai la Commune commença à exécuter des otages. Parmi eux, l’archevêque de Paris que M. Thiers avait refusé d’échanger contre Blanqui qu’il détenait prisonnier. 

Des informations confuses arrivaient de Paris. Il apparaitra un peu plus tard que si certains communards se battirent jusqu’au bout, de nombreux autres tentèrent de fuir, certains dans de grotesques déguisements.

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Chapitre VIII – Pendant l’avancée des troupes, le sort des hommes pris en armes était réglé de façon immédiate. Les autres, pauvres bougres fourvoyés dans une émeute qui les dépassait, étaient arrêtés. Les convois des prisonniers hagards, portant des vêtements sans forme ni couleur suscitaient la curiosité des habitants de Versailles. Plusieurs figures de la Commune arrivèrent ainsi : Paschal Grousset arrêté alors qu’il tentait de fuir déguisé en femme, Vermorel, arrivé agonisant, la sœur de Delescluze qui était mort avec une certaine bravoure sur une barricade ou l’institutrice de Montmartre Louise Michel. Au total 5096 prisonniers transitèrent par les prisons de Versailles. Comme Rochefort avant eux, plusieurs de ces prisonniers se croyant perdus demandèrent l’assistance d’un prêtre.

Pendant ce temps, M. Thiers était couvert de lauriers. Quelques voix discordantes se firent néanmoins entendre. Dans une lettre parue dans la presse, le prince Napoléon-Jérôme Bonaparte reprocha à Jules Favre, ministre des affaires étrangères, d’avoir mal défendu le pays contre les Allemands en n’ayant pas su libérer contre eux les forces qui se sont déchaînées pendant la Commune, d’avoir signé un traité de paix trop favorable à l’ennemi et de porter la responsabilité de la destruction de Paris. Il concluait en demandant d’en appeler au peuple pour décider du type de gouvernement pour la France.

Cette lettre ne susciterait qu’un intérêt passager. L’heure était désormais aux réjouissances. La république et le chef du pouvoir exécutif sortaient renforcés. Toutefois, M. Thiers était hanté par la mort des otages et notamment par celle de l’archevêque de Paris dans laquelle il estimait avoir une responsabilité. Le 28 août, les membres du gouvernement et certains députés allèrent rendre grâce à Dieu, à la cathédral de Versailles, pour l’issue heureuse de cette guerre civile. Les tribunaux prendrait désormais le relais de l’armée pour punir les communards dont les plus actifs furent exécutés.

 

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