Les califes maudits. La déchirure – Hela Ouardi

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Hela Ouardi

Hela Ouardi décrit dans Les califes maudits, la déchirure les événements historiques qui ont suivi la mort du Prophète Muhammad à partir des textes canoniques de l’islam, sunnite et chiite, indépendamment de tout parti pris théologique ou idéologique, sans rien inventer.

 

 

Les califes Maudits. La déchirure

Acte premier – Conclave dans la saqîfa

Le poète Abû Dhu’ayb al-Hudhalî s’éveilla avec le pressentiment qu’un malheur était arrivé au Prophète et décida de se rendre à Médine pour savoir ce qu’il en était. Après une journée de chameau, devant la maison de Muhammad, des hommes lui apprirent que le Prophète était mort. Tout le monde était à la saqîfa du clan des Banû Sâ’ida pour choisir son successeur. Seuls les membres de sa famille dont son gendre et cousin ‘Alî ainsi que son oncle ‘Abbâs étaient dans la maison pour la toilette mortuaire. Abû Dhu’ayb poursuivit sa route jusqu’à la saqîfa, un abri fermé par trois murs d’argile et ajouré sur un côté dans un jardin luxuriant où le Prophète aimait séjourner. Là, au milieu de la foule, Abû Dhu’ayb assista aux échanges entre les représentants des Ansârs et des Émigrants. 

*

Dans sa ville natale de La Mecque, le Prophète entouré de ses compagnons enseignait la nouvelle religion, faisant face aux persécution des membres de sa propre tribu, Quraysh, qui refusaient d’abandonner leurs croyances. A l’occasion d’un pèlerinage, Muhammad rencontra dans sa ville des hommes venus de Médine et les convertit. De retour à La Mecque l’année suivante, ces nouveaux fidèles prêtèrent au Prophète le serment d’al-‘Aqaba, portant sur le respect de leur nouvelle religion. Un an plus tard, une délégation de fidèles médinois prêta au Prophète le second serment d’al-‘Aqaba, s’engageant à le soutenir militairement. Muhammad et ses compagnons quittèrent alors La Mecque pour Médine où l’islam se développa.  

Parmi les fidèles de l’islam, il convenait désormais de distinguer 

  • les Émigrants désignant les compagnons du Prophète qui l’accompagnèrent de La Mecque à Médine. Tous appartenaient à la tribu de Quraysh, constituée de clans plus au moins prestigieux,
  • les Ansârs, ou auxiliaires du Prophète, désignant les habitants de Médine qui offrirent l’hospitalité aux Émigrants. Ils appartenaient à la tribu des Aws ou à celle des Khazraj, elles aussi constituées de clans.

Deux frères, nommés Aws et Khazraj avaient fondé les tribus qui portaient leur nom. Originaires du Yémen, elles avaient fui à Médine alors essentiellement peuplée de tribus juives. Depuis plus d’un siècle, une lutte sanglante pour la possession des terres cultivables opposait Aws et Khazraj, sur fond d’alliances et d’affrontements avec les Juifs.

Dans ce contexte, la conversion des Aws et des Khazraj avait été en partie opportuniste. Unis sous l’autorité de Muhammad pour le triomphe de l’islam, ils cesseraient de se combattre et pourraient compter sur son appui dans leur opposition aux puissantes tribus juives. Aws et Khazraj pensaient également attirer à eux le prophète que les Juifs attendaient pour combattre les tribus arabes.

*

Pendant l’agonie de Muhammad, les Ansârs avaient travaillé discrètement au choix de son successeur parmi les leurs, afin de ne pas subir la domination des Émigrants sur leur prpre sol. Dès l’annonce de sa mort, ils se réunirent en hâte.

Sa’d ibn ‘Ubada, un des principaux compagnons du Prophète, chef des Khazraj appartenant au clan des Banû Sâ’ida, accueillit la réunion dans la saqîfa de son domaine. Dès le début et malgré la forte fièvre qui l’affaiblissait, il invoqua ce que Muhammad devait aux Ansârs et conclut que son successeur devait choisi parmi eux. Malgré les tensions qui couvaient entre Aws et Khazraj, Sa’d ibn ‘Ubada semblait faire l’unanimité par sa droiture, morale et religieuse. 

Prévenus par des espions, des Émigrants rejoignirent bientôt la réunion à la surprise générale. Trois des plus proches compagnons du Prophète entrèrent d’un pas décidé et prirent place dans la saqîfa : Abû Bakr, beau-père et ami préféré de Muhammad, de petite corpulence et fin négociateur, ‘Umar, un autre de ses beaux pères, colosse au caractère violent, et Abû ‘Ubayda ibn al-Jarrâh, qui était le fossoyeur des Émigrants. ’Alî, resté auprès du défunt pour préparer les obsèques prévues dans la nuit était le grand absent de la réunion. 

Certains récits affirment que ‘Umar et quelques Émigrants auraient fait allégeance à Abû Bakr immédiatement après la mort du Prophète. La réunion des Ansârs pourrait donc être une réaction à cette manœuvre réalisée à leur insu.

Parmi les personnalités présentes dans la saqîfa, les principaux protagonistes se faisaient face. Du côté des Émigrants Abû Bakr, ‘Umar et Abû ‘Ubayda, du côté des Ansârs Sa’d ibn ‘Ubada, Qays ibn Sa’d ibn ‘Ubada, son fils, Hubâb ibn Mundir de la tribu des Khazraj, conseiller militaire du Prophète. Bien qu’appartenant à des tribus différentes, plusieurs de ces hommes étaient liés par le mariage ou par le sang.

*

Abû Dhu’ayb, aux premières loges, assista à une joute oratoire pour la succession du Prophète : 

Thâbit ibn Qays, le tribun des Ansârs, abattit les premières cartes : la succession du Prophète revenait de droit au Ansârs, les Auxiliaires de Dieu qui avaient accueilli chez eux Muhammad. En outre, les médinois ne pouvaient accepter d’être dirigés sur leur terre par des réfugiés.

Abû Bakr après avoir rappelé l’immense mérite des Ansârs énuméra les raisons justifiant le choix du successeur du Prophète parmi les Émigrants : leur foi était plus ancienne, leur engagement dans l’islam fut spontané et désintéressé, des liens familiaux unissaient certains d’entre eux à Muhammad, ils appartenaient à la tribu de Quraysh, celle du Prophète mais aussi la plus prestigieuse tribu arabe, implantée à La Mecque où vécut Abraham. Enfin, un hadîth, les mots du prophète lui-même, affirmait : Les imams sont de Quraysh.

A cette époque, Quraysh était en effet une tribu puissance et riche, dotée d’une vision politique et d’une diplomatie. Elle avait apporté, grâce aux traités passés avec ses voisins, la paix et la sécurité à La Mecque où le commerce prospérait.

Alors que les Émigrants croyaient l’affaire entendue, des Khazrajites soulevèrent une objection majeure : qu’adviendrait-t-il des Ansârs si le pouvoir échoyait un jour aux Qurayshites de La Mecque qu’ils avaient combattus, avant leur conversion, aux côtés des Émigrants ? Hubâb proposa en conséquence de désigner un successeur au Prophète dans chaque camp.

Abû Bakr objecta que la rivalité entre les Aws et les Khazraj serait source d’instabilité et que chaque tribu revendiquerait le pouvoir. Pour prouver son absence d’ambition, il proposa sans succès aux Ansârs de faire allégeance à ‘Umar ou à Abû ‘Ubayda dont il vanta les qualités comme supérieures aux siennes.

*

Les relations entre les Émigrants et les Ansârs n’avaient pas toujours été paisibles et le Prophète était souvent intervenu pour éviter les conflits. Les différends d’hier portaient sur les butins de guerre dont les Émigrants recevaient généralement la plus grosse part au motif qu’ils vivaient dans une plus grande précarité que leurs hôtes. Il s’agissait maintenant de savoir qui récolterait les bénéfices de la nouvelle religion : l’entrepreneur Qurayshite ou l’actionnaire ansârien. L’enjeu du débat était un pouvoir supra-tribal et sacré aux contours encore flous, une forme hiérarchique inconnue de la culture arabe. De plus, remplacer le Prophète était d’autant plus impossible que Muhammad avait été empêché de dicter son testament pendant son agonie. Son successeur n’aurait que le Coran pour appui.

*

Soudain, le débat s’emballa. ‘Umar asséna d’une voix tonitruante que la proposition de Hubâb était absurde et que la légitimité de la succession de Muhammad revenait de droit aux Qurayshites en vertu de leurs liens familiaux avec le Prophète. Hubâb répondit en menaçant de chasser de Médine les Émigrants s’ils refusaient sa proposition. Les esprits s’échauffèrent, le chaos s’installa, certains se battaient, d’autres appelaient à la mesure. Thâbit ibn Qays, le tribun des Ansârs, déclara soudain que si le pouvoir devait rester dans la famille du Prophète, il ferait allégeance à ‘Alî.

Trouble chez les Émigrants. ’Umar vint à la rescousse rappelant que le Prophète avait désigné Abû Bakr pour diriger la prière et qu’étant le plus âgé des prétendants à sa succession, il était le plus légitime. Il conclut son plaidoyer en menaçant de tuer ceux qui refuseraient l’allégeance. Alors que ‘Umar était sur le point de prêter serment à Abû Bakr pour montrer l’exemple, un Ansârs acquis à la cause des Émigrants le précéda déclarant qu’il voulait être le premier. Voyant un seigneur Khazraj faire allégeance et craignant d’être isolés les Aws lui emboitèrent le pas. Certains Ansârs refusèrent néanmoins le serment, notamment S’ad et ses proches. Hubâb et ‘Umar en vinrent même aux mains. Malgré ces heurts la cohésion des Qurayshites et les dissensions entre Aws et Khazraj avaient eu raison de l’ambition des Ansârs : Abû Bakr était calife.

*

Abû Bakr et ‘Umar, suivis de nombreux hommes quittèrent la saqîfa pour la mosquée voisine. Abû Dhu’ayb déjà témoin des événements de la saqîfa suivit la foule. Dans les rues, des mercenaires de la tribu des Banû Aslam assuraient la sécurité. Abû Bakr, avait-il prévu la scène et les avait-il engagés ? 

A son entrée dans la mosquée, Abû Bakr, tétanisé par l’événement, ne put monter en chaire. ‘Umar pris alors la parole. Il rappela la proximité qui liait Abû Bakr et le Prophète puis ordonna à chacun de venir lui prêter le serment d’allégeance. La peur de l’avenir et la conviction de la nécessité d’un nouveau chef furent les plus forts : tout le monde s’exécuta. Quand il arriva enfin à parler, Abû Bakr conscient de la difficulté de sa tâche prononça un discours plein d’humilité et de dévotion qui fut suivi d’une prière collective. 

Ces deux serments, l’un improvisé dans la saqîfa, l’autre public dans la mosquée validé par une prière, constituèrent le premier sacre d’un souverain en Arabie. Cet événement fut capital. Il établissait en Islam le lien indélébile entre les pouvoirs politique et religieux. 

La famille du Prophète, occupé à la toilette mortuaire, comprit ce qui s’était passé en entendant un tonitruant Allâhu Akbar.

Les califes maudits. La déchirure

Acte deuxième – Un calife sans royaume

De nombreux Ansârs n’avaient pas fait allégeance à Abû Bakr, soutenant ouvertement ‘Alî qui restait pourtant sourd à leurs appels. Les Qurayshites qui s’étaient convertis tardivement nourrissaient toujours de la haine pour les Ansârs qui les avaient combattus aux cotés de Muhammad alors qu’ils étaient encore des mécréants. Trouvant là un prétexte pour régler des comptes personnels, ces convertis tardifs accusèrent les Ansârs de soutenir ‘Alî pour diviser les Qurayshites. Abû Bakr parvint à apaiser la situation en s’opposant aux plus virulents des Qurayshites et en associant les Ansârs à ses guerres et au partage de leurs butins. Sa’d ibn ‘Ubada resta inflexible. Il dût s’exiler en Syrie pour sa sécurité où il serait assassiné sur l’ordre de ‘Umar.

Les Ansârs n’étaient pas les seuls à contester l’autorité de Abû Bakr. L’aristocratie qurayshite était divisée. Certains clans reprochaient au nouveau calife de ne pas descendre comme Muhammad de ‘Abd Manâf, le fils du fondateur de Quraysh, mais d’appartenir au clan inférieur des Tayyim. De son vivant le Prophète, issu du clan des Hachémites, ignorait cette hiérarchie pourtant vivante dans les esprits et dans mes mœurs. 

Abû Sufyân, riche et influent membre du clan aristocratique des Umayyades, converti tardif, ancien ennemi et beau-père de Muhammad étaient scandalisé à la fois par la prise de pouvoir de Abû Bakr et par la passivité de ‘Alî. Il ne fit allégeance au nouveau calife que lorsque ses fils furent nommés à la tête de l’armée envoyée conquérir la Syrie. Suivant l’exemple du Prophète qui avait dû acheter la conversion de Abû Sufyân, Abû Bakr avait dû acheter son allégeance.

Enfin, la légitimité de Abû Bakr pour succéder au Prophète restait discutable et si une amitié très forte unissait les deux hommes, rien n’attestait qu’elle trouvât son prolongement sur le plan politique. Muhammad avait demandé à son ami de diriger la prière en son absence mais ne lui avait jamais confié l’intérim du pouvoir lorsqu’il s’éloignait de Médine. Cette situation qui pouvait à tout moment déboucher sur une guerre de tous contre tous pesait lourd sur les épaules de Abû Bakr qui, contrairement aux apparences, ne tenait pas particulièrement au pouvoir et avait proposé plusieurs fois sans succès sa démission.

Les califes maudits. La déchirure

Acte troisième – La malédiction

La famille du Prophète se rangea derrière ‘Alî, ajoutant à la motivation clanique l’argument que seul un membre de la famille de Muhammad pouvait lui succéder et interprétant en sa faveur des paroles ambiguës du prophète. Au désespoir de son oncle ‘Abbâs, ‘Alî gardait une position neutre, ne souhaitant ni conquérir le pouvoir, ni faire allégeance. A plusieurs reprise, Abû Bakr tenta sans succès de convaincre ‘Alî de lui prêter serment. Finalement il envoya un groupe de ses proches le chercher dans sa maison. Alors que le gendre du Prophète était contraint par la force de mettre sa main dans celle du calife pour effectuer le geste d’allégeance, il garda le point serré. Les sources historiques divergent sur les événements qui se sont déroulés dans la maison de ‘Alî : Fâtima, sa femme et la fille du Prophète, perdit-elle l’enfant qu’elle portait sous les coups de ‘Umar ? ‘Alî fut-il entravé pour être conduit à Abû Bakr ? Sa maison fut-elle brûlée ?

Après cet épisode Fâtima alla voir Abû Bakr pour lui réclamer l’oasis de Fadak, lieu paradisiaque et fertile à 50 kilomètres au nord de Médine ayant appartenu au Prophète. Elle revendiquait cette oasis en héritage et affirmait que son père la lui avait donnée avant sa mort. Abû Bakr refusa sous la pression de ‘Umar, invoquant qu’il avait entendu Muhammad déclarer qu’un prophète n’avait pas d’héritage et que ses biens devaient revenir à la communauté. Abû Bakr comptait sur les revenus de Fadak ainsi que sur la captation de la grande fortune de Muhammad pour financer les guerres à venir. Fâtima payait ici son opposition farouche à Abû Bakr qui attribua en revanche de nombreuses terres à sa fille et femme du Prophète, Â’icha. 

Humiliée, Fâtima se rendit à la mosquée où se trouvait Abû Bakr et des fidèles. On installa un drap blanc comme de coutume pour la séparer des hommes puis dans un violent discours elle dénonça l’hypocrisie de Abû Bakr, ses manœuvres malhonnêtes et indignes pour le pouvoir et pour la déposséder de son héritage. Les paroles de l’ombre qu’il apercevait à travers le drap bouleversaient Abû Bakr. Fâtima en appela ensuite à la solidarité des Ansârs qui, comme son mari ‘Alî, avaient été écartés du pouvoir. Elle conclut en lançant au calife et à ses complices qu’ils porteraient le déshonneur de leurs actions jusqu’à ce que tombe le châtiment d’Allâh. Chacun reçut cette malédiction de plein fouet, comme la colère de Dieu, dans un silence total.

Lorsqu’elle quitta la mosquée, Fâtima n’entendit pas les paroles d’affection et de conciliation que Abû Bakr, étreint par l’angoisse, venait lui adresser. Lorsque son fils ‘Abd-Allâh mourut quelques jours plus tard des suites d’une ancienne blessure de guerre le calife était persuadé qu’il commençait à payer ses méfaits. 

Rongé par le remord, il voulut rendre Fadak à Fâtima mais ‘Umar l’en dissuada : il ne devait pas commencer son règne par une défaite ni priver la communauté des revenus de ces terres généreuses. 

Voulant absolument se réconcilier avec elle, il finit par obtenir une entrevue pour tenter de se justifier : Fâtima lui était très chère, mais il agissait conformément aux paroles du Prophète sans ambition de pouvoir, ni de richesse. Fâtima conclut : Je te maudirai dans chacune de mes prières, à quoi il répondit, Et moi, je te bénirai dans chacune de mes prières. La rupture était consommée, ils ne se reverraient pas.

Fâtima dont la santé était chancelante mourut dans le chagrin et l’amertume, soixante-douze jours, six mois selon certains textes, après son père, laissant orphelins Hassan et Hussayn, les petits-fils adorés du Prophète, ainsi qu’un mari, ‘Alî, délivré de l’interdiction de son beau-père de prendre d’autres épouses.

La mort de Fâtima, figure emblématique de l’opposition à Abû Bakr, était une condition nécessaire pour que le nouveau calife assoie son autorité. Au lendemain de la mort de sa femme, ‘Alî et la famille du Prophète firent allégeance à Abû Bakr et les deux hommes se réconcilièrent. ‘Uthmân, futur troisième calife, lui aussi gendre et cousin du Prophète, était-il intervenu comme l’affirment certains textes ? 

Pour maintenir l’unité de la religion, il fallait en effet serrer les rangs et combattre sans pitié les tribus apostâtes qui avaient renoncé à l’islam ou qui refusaient de payer la zakât, l’aumône légale.

Abû Bakr était convaincu qu’il était condamné sans espoir de rédemption. Il regretta jusqu’à sa mort, deux ans plus tard, de ne pas avoir, dans la saqîfa, laissé le pouvoir à ‘Umar ou à Abû Ubayda.

Né à l’ombre de la saqîfa des Banû Sâ’ida, le pouvoir du premier calife de l’islam, ombre de Dieu sur terre, grandira à l’ombre des sabres… 

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